TOUJOURS DEUX ETOILES MAIS...REPARTIES!

Article paru dans le City Guide "A Nous" du 26 mars 2008

LE CLOS DE LA VIOLETTE

Quand les Marseillais se réjouissent de la sortie du Michelin 2008 qui donne trois étoiles à Gérald Passédat, les aixois, eux, ne comprennent pas ce qui leur arrive! Le Clos de la Violette, qui affiche deux macarons depuis 1999, vient d'en perdre une! Un coup dur pour l'office du tourisme: une étoile donc pour le Clos de la Violette et une pour la table de Pierre Reboul, c'est peu pour une ville dont le festival d'été attire une clientèle haut de gamme. Mais c'est surtout une décision totalement incompréhensible pour un établissement reconnu depuis 1982, entièrement rénové avec goût en 2006 et dont le propriétaire Jean-Marc Banzo n'a pas changé. Chef étoilé à 26 ans, ce dernier poursuit inlassablement une quête de la qualité et de la perfection. Rassurons les aixois et les gastronomes, Le Clos de la Violette reste une référence. La cuisine de Banzo, mélange de traditions provençales et de créativité, est toujours au firmament. Le loup braisé accompagné de blettes et de jambon Jabugo est une des meilleurs recettes de ce produit phare de la gastronomie régionale. Ses ris de veau poêlés assortis de pommes de terre et de purée à la truffe blanche font toujours se déplacer les amateurs de ce plat délicat. Dès lors, les raisons de ce déclassement sont à chercher ailleurs. L'explication semble assez simple, la seconde table de Jean-Marc Banzo lancée il y a tout juste un an à Cassis est, elle aussi, désormais reconnue.

LA VILLA MADIE

La Villa Madie vient en effet de décrocher une étoile. Et ce alors même que la tourmente a failli balayer le grand rêve du chef aixois; son association avec Enrico Bernardo n'ayant pas fait long feu. La star de l'oenologie, élu meilleur sommelier du monde en 2004, n'a pas su trouver ses marques dans la petite cité balnéaire et s'en est retourné à Paris. A CAssis, Banzo n'a pas cherché à dupliquer dans un autre cadre, son Clos de la Violette. Il y teste une toute autre cuisine, plus légère.

APRES UNE ANNEE DE GALERES COMMENT JEAN-MARC BANZO COMPTE-T-IL REBONDIR?

Interview publiée dans LA PROVENCE du 9 mars 2008
Rubrique CUISINE ET VINS

Michelin lui a retiré une étoile à Aix; il en gagne une à Cassis. Le chef fait le point sur l'année 2007 et ses projets pour 2008.

2007 devait être grandiose et ce fut une annus horribilis. Que s'est-il passé?

Je me suis associé avec un ami, Enrico Bernardo pour créer la Villa Madie à Cassis. Nous avons inauguré le 18 juin et déjà quelques divergences de vues nous opposaient. A partir du 14 Août, je n'ai plus remis les pieds à Cassis pour ne travailler qu'à Aix. A Cassis, Enrico Bernardo n'a rien fait de ce qui me semblait juste et je voulais me désolidariser de ce qu'il a dit et faiT. Lorsque je suis revenu à Cassis le 25 octobre, j'ai trouvé sur mon bureau 20 lettres de démission. Soit 90% de l'effectif. Il a fallu reconstituer une équipe pour s'attaquer à l'hiver et donner une âme à la Villa.

Les choses rentrent-elles dans l'ordre?

La situation s'améliore grâce à notre travail pugnace. Gault Millau a attribué un 17/20 à la Villa Madie en 2008 et Michelin lui décerne une étoile. A Aix, nous avons perdu une étoile au Clos de la Violette et c'était prévu puisque je n'y suis plus. L'équipe en place là-bas est d'un excellent niveau et a toutes les capacités pour conserver l'étoile.

Vous avez investi 3 Millions d'euros à Cassis; une étoile au Michelin vous suffit-elle?

Mon seul souci, c'est la satisfaction de tous ceux qui franchissent le seuil de la Villa. Franchement, on n'a pas sorti une seule assiette au niveau 2 macarons cette année. Mais on va tout faire pour y parvenir en 2008.

Des rumeurs laissent entendre qu'il règne un profond malaise à Aix...

Dire que toute l'équipe du Clos de la Violette veut démissionner c'est délirant! J'ai toujours travaillé avec ces jeunes qui sont désormais responsables de cette maison. Ils ont une belle et lourde responsabilité.